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La face abrupte de l’Atlantique Sud

A chaque jour sa difficulté. Le maxi trimaran IDEC SPORT, au terme de 20 jours et 11 000 milles de navigation dans sa tentative contre le record de la Route du Thé, poursuit sa remontée erratique de l’Atlantique Sud. Un alizé paresseux très orienté à l’Est lui a hier imposé pas moins de 8 empannages, et surtout un interminable bord de plus de 250 milles vers le Brésil, à plus de 100 degrés de la route directe. Francis Joyon, Bertand Delesne, Christophe Houdet, Antoine Blouet et Corentin Joyon ont, depuis ce matin, repris un cap plus prolifique en gain vers l’équateur, et la sortie de cet interminable Atlantique Sud. Et point de longues cavalcades en perspective avant trois jours… Des vents fantasques et faibles s’alanguissent sur la route, qui imposent plus que jamais vigilance et réactivité à tout l’équipage.

Des pointes à 36 nœuds !
Qu’on ne s’y trompe pas. Si l’écart entre IDEC SPORT, un moment porté à plus de 750 milles, s’est considérablement réduit ces dernières 36 heures, ce n’est pas faute à un quelconque déficit de vitesse sur l’eau. IDEC SPORT va vite, jamais en dessous des 25 noeuds, avec des pointes enregistrées cette nuit encore à 33,6 noeuds. Mais demeurer dans des veines de vent à peu près établi, a imposé à Joyon et ses hommes de suivre des caps peu orthodoxes, et peu avantageux en terme de gains sur la route. A 4 000 milles du but Londonien,  la route des alizés de Nord Est est encore longue, avec la traversée de zones de vents instables au sud de l’équateur, encore distant ce matin de près de 650 milles. Des milles chers à engranger, parsemés de grains virulents qui voient IDEC SPORT accélérer brutalement dans les surventes, avec des pointes à 36 noeuds travers au vent d’Est, qui mobilisent tout l’équipage, uni derrière Francis rivé à la barre. « On vient de traverser une petite dépression tropicale, comme une tempête. Le vent est monté très rapidement, à plus de 30 noeuds. On s’est vite trouvé surtoilé, contraint de réduire un peu en catastrophe…  Derrière le grain, le vent est tombé !»

Une route « aventureuse »
Le contournement aujourd’hui d’un petit centre dépressionnaire en sa façade Est va permettre de gagner de précieux milles vers le Nord, mais surtout d’envisager une nouvelle option de route,  différente de la stratégie initiale. IDEC SPORT interrompt sa route vers le Brésil un peu plus tôt que prévu, du fait de la dégradation des conditions dans l’Ouest. Le week-end s’annonce fastidieux, avec la négociation d’un pot au noir certes peu virulent, mais très élargi en latitude comme en longitude. « Nous avons bien fait marcher le bateau depuis notre entrée en Atlantique » souligne Francis. « L’équipage ne chôme pas, jamais rebuté par un changement de voile ou un empannage. Nous allons conserver ce rythme durant tout le week-end, en espérant que les prévisions tournent enfin à notre avantage… »

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