Voile

Des surfs à 38 noeuds pour Francis Joyon dans sa traversée de l’indien

C’est un maxi trimaran IDEC SPORT terriblement efficace qui trace depuis deux jours un immense sillon au coeur de l’Océan Indien. Francis Joyon, Christophe Houdet, Bertand Delesne, Antoine Blouet et Corentin Joyon ne cessent depuis leur passage mercredi dernier au détroit de la Sonde, entre Java et Sumatra, d’accélérer et d’augmenter leur avance sur le chrono record de cette Route du Thé. Avec 620 milles d’avance à l’entame du 7ème jour de course, Joyon et ses boys n’en ont pourtant pas terminé d’une cavalcade placée sous le sceau de la performance. Leur bord efficace va encore se prolonger durant au moins encore 24 heures, et les vitesses qui tutoient ce matin les 38 noeuds dans les surfs, sont appelées à croitre davantage encore. Viendra ensuite, dès ce week-end, l’heure des très grosses difficultés, matérialisées par de petites cellules cycloniques qu’il va falloir négocier par un vaste contournement au coeur des latitudes du grand Sud, avec le corollaire de températures glaciales, de vents forts et de mers formées. 

Plus rapides que les fichiers

Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

IDEC SPORT affiche, à l’entame de son 7ème jour de course, une belle avance au compteur et une progression plus rapide que celle envisagée à l’étude des fichiers. « Franchir la Sonde en un peu moins de 4 jours était inespéré » traduit Christophe Houdet, désormais parfaitement remis de cette intoxication alimentaire qui lui a quelque peu gâché le plaisir de la navigation entre les îles sauvages et vierges de la mer de Chine.  « Il est vrai que nous n’avons pas fait beaucoup de milles inutiles » renchérit Francis. « Il y a eu beaucoup d’empannages pour atteindre la Sonde, mais nous avons su globalement rester sur la route la plus directe. » Avec déjà plus de 3 200 milles parcourus sur le fond à 22 noeuds de moyenne, IDEC SPORT n’a en effet rallongé sa route par rapport à l’ortho que d’environ 350 milles. On se souvient que lors de la traversée Aller de l’océan Indien, c’est une boucle de 1 500 milles supplémentaires que Joyon et ses hommes s’étaient imposés au plus près des côtes australiennes.

Un week-end dans le Grand Sud

« On serre beaucoup le vent, sous grand voile haute et J1 » explique Francis. « Notre objectif est la vitesse plus que le cap. Nous devrons ces prochaines heures plonger davantage au Sud. Notre belle vitesse du moment, sur une mer assez inégale, tantôt lisse tantôt chaotique, nous oblige à envisager déjà des choix tactiques pour contourner les centres dépressionnaires très actifs qui évoluent rapidement dans l’Est de Madagascar. » Aux t.shirts et shorts de sortie ce jour, devaient succéder polaires et cirés. « Nous allons conserver cette vitesse et cette progression durant les prochains 700 milles » poursuit Francis. « Mais la porte vers Bonne Espérance se situe pour nous par 40° Sud. Il faut être aux aguets en permanence, les mains sur les écoutes, car nous devrons négocier de nombreux passages de grains assez violents. Ce n’est pas le bel alizé que nous avons connu à l’aller. La glisse est là, mais de manière plus aléatoire. »

L’équipage prend toujours un immense plaisir à manier le maxi trimaran. « C’est une joie, un bonheur indicible de naviguer dans ces contrées et de cette manière » traduit Christophe Houdet. « La brume, lors du record Aller vers Ho Chi Minh ville, nous avait masqué les merveilles de la mer de Chine, que nous avons découvert cette semaine. Des îles tropicales aux couleurs incroyables, bordées d’immenses plages absolument vierges. Paradisiaques. Connaitre ces contrées sur un bateau qui vous transporte à pleine vitesse est un privilège dont nous goûtons chaque seconde. Je viens de prendre la barre. IDEC SPORT accélère à 38 noeuds, en toute facilité,… Sublime! »

 

 

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