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24H du Mans 2020 : IDEC SPORT en mode « remontada ».


Cette 88ème édition des 24 Heures du Mans aura été unique à plus d’un titre pour IDEC SPORT entre la situation sanitaire, l’exploitation de deux voitures et un départ en dernière position du peloton. Retour sur ce double tour d’horloge que l’équipe n’est pas prêt d’oublier.

Les 24 Heures du Mans. Le simple fait de prononcer ou de lire cette appellation mythique fait rêver, que ce soit au niveau de son histoire ou des aventures modernes qui se jouent en terre sarthoise. Cette épreuve est légendaire dans le monde entier au même tire que le Grand Prix de Monaco ou les 500 miles d’Indianapolis. Si ce n’est pas la première participation d’IDEC SPORT, l’écurie garde en tête ce que cette course représente. L’édition 2020 a commencé par se faire attendre puisqu’elle a été reportée à cause de l’épidémie covid-19. L’organisation a un moment songé limiter le nombre de spectateurs mais il a été décidé plus sagement de courir à huis clos, en septembre.

Avec toute cette agitation et les règles en vigueur, la liste des engagés a pas mal bougé et la deuxième voiture IDEC SPORT qui faisait partie des remplaçants a été admise. C’est donc une grande première pour IDEC SPORT d’arriver au Mans avec deux Oreca 07 dans les camions. La #28 qui court habituellement en European Le Mans Series est pilotée par Paul Lafargue, Paul-Loup Chatin et Richard Bradley tandis que la #17 est confiée aux mains de Kyle Tilley, Jonathan Kennard et Dwight Merriman, qui pilotent pour Era Motorsport outre Atlantique. Chaque auto dispose de sa propre équipe technique.

En plus de se courir à huis clos, sans parade et sans les festivités habituelles, l’édition 2020 des 24H du Mans permet seulement quatre jours de roulage. Ce programme condensé représente un challenge supplémentaire pour les pilotes et les équipes puisqu’il faut travailler plus rapidement et éviter toute erreur.

Les vérifications administratives et techniques ont lieu le mercredi. Les deux Oreca IDEC SPORT sont validées et sont prêtes à rouler. Jeudi matin, tous les pilotes ont hâte de prendre le volant. Les premiers essais se déroulent bien et les réglages commencent à être ajustés. C’est lors des essais libres 2 que l’histoire va basculer pour IDEC SPORT. Paul Lafargue perd le contrôle de la #28 à la sortie de la chicane Michelin (la seconde chicane de la ligne droite des hunaudières) et tape un mur en béton (non protégé) à l’avant droit. Paul va bien mais la voiture ne peut pas repartir. Le drapeau rouge est déployé le temps de dégager la voiture. Une fois ramenée dans les stands sur un camion, le diagnostique tombe rapidement : il faut changer le châssis. Cette opération est lourde de conséquences puisque cela signifie qu’il faut démonter entièrement la voiture accidentée pour remonter les pièces sur la coque neuve. Ce travail prend normalement une semaine à l’atelier mais si tous les mécaniciens travaillent de concert, IDEC SPORT peut espérer reprendre la piste le vendredi matin, pour la dernière heure d’essais libres. Alors que le démontage commence et que les autres voitures roulent à nouveau, c’est cette fois la #17 qui sort de piste et qui vient taper frontalement dans les pneus de protection au virage du karting, causant un nouveau drapeau rouge. Dwight Merriman sort de la voiture et est emmené pour des vérifications médicales. Sur l’Oreca #17, la question de changer de châssis se pose. Seul l’avant a subi des dommages et avec de lourdes réparations elle pourrait être remise en état sans finalement changer la coque, mais comme la #28, elle ne roulera pas pour les essais qualificatifs ni les essais nocturnes.

Tard dans la soirée le verdict médical tombe, Dwight ne pourra pas reprendre le volant à cause d’une blessure au dos. Mais le pilote américain a une véritable force de caractère et demande à son équipe de trouver un remplaçant afin que la #17 soit tout de même au départ. Après plusieurs coups de fil, Nicolas Minassian déniche un joker de luxe : le pilote officiel Porsche Patrick Pilet. Le français évolue en GT mais il a déjà effectué des tests en LMP1 et correspond aux nombreux critères imposés par le règlement pour un changement de dernière minute. Le pilote professionnel a en plus eu la bonne idée d’amener avec lui sa combinaison et son casque.

Après une nuit blanche, beaucoup de sueur, et une nouvelle prouesse de la part des IDEC boys, les deux voitures sont prêtes à s’élancer à 10h30 le vendredi matin. La #17 quitte les stands avec Patrick Pilet à son volant. La #28, entourée des pilotes, des ingénieurs et des mécaniciens, subit les dernières interventions. Tout le monde est concentré et les minutes semblent terriblement longues. Lorsque Nico, le chef de voiture, s’extirpe de l’habitacle, la carrosserie est  aussitôt remontée et Richard Bradley se glisse dans le baquet. C’est sous les applaudissements que le britannique quitte les stands car c’est un petit exploit que viennent d’accomplir les mécaniciens. Ces essais libres 4 servent bien évidemment à vérifier que tous les systèmes fonctionnent et à retrouver les bons réglages.

Si IDEC SPORT sera au départ avec ses deux voitures, les commissaires ont pris la décision d’infliger une pénalité à l’écurie car les voitures n’ont pas roulé en qualification et les pilotes n’ont pas roulé de nuit. À la fin du tour de formation, la #28 et la #17 devront repasser par les stands et attendre que tout le peloton, GT comprises, ait effectué un premier tour.

Samedi 19 septembre, après la cérémonie des hymnes, Carlos Tavares (PDG du groupe PSA) demande aux pilotes d’allumer leur moteur, puis les 59 concurrents s’élancent derrière la safety car pour le tour de formation. À 14h30, les moteurs vrombissent, Toyota emmenant le peloton, et c’est parti pour vingt-quatre heures de course. Tout le monde part, sauf les deux LMP2 IDEC SPORT, qui rentrent aux stands comme prévu.
Cette pénalité très handicapante d’un tour est en réalité bien plus sévère. Le temps que les GT passent, le reste des LMP2 aura eu le temps de filer et il faudra ensuite dépasser toutes les GTE sans drapeau bleu puisqu’elles sont devant au classement.

Mais il en faut plus pour faire baisser les bras à l’écurie de Patrice Lafargue. Paul-Loup Chatin et Patrick Pilet partent pour une véritable mission dès que le feu passe au vert dans la pit lane.
Les GT sont vite rattrapées et les dépassements s’enchainent. Au fur et à mesure des relais des pilotes IDEC SPORT, la #28 et la #17 remontent au classement. En dehors de soucis de porte et de crevaisons, tout se passe bien pour IDEC SPORT. Ni les pilotes en piste, ni les mécaniciens lors des pit stops, ne commettent de faute.

À la mi-course la #28 est 15ème et la #17 18ème. Les places sont alors de plus en plus dures à prendre. Le reste de la course fait partie de l’histoire et IDEC SPORT progresse au classement jusque dans la dernière heure. Les deux voitures passent sous le drapeau à damier. La #28 est en 6ème en LMP2 et 10ème au classement général. La #17 termine à la 11ème position en LMP2, la 15ème au général. Toute l’équipe IDEC SPORT a prouvé qu’elle faisait partie des meilleurs et le plus important a été montré: IDEC SPORT ne lâche rien !

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